Pourquoi partir 2 500 km à pied vers Compostelle ?
Pourquoi partir 2 500 km à pied vers Compostelle ?
À 64 ans, après plus de quarante-trois années de vie professionnelle intense, une vie sociale riche, la fierté d’être père, grand-père, compagnon… arrive la retraite.
Et avec elle, les questions que l’on repousse souvent :
Ai-je fait les bons choix ?
Ai-je été un bon père ?
Un professionnel juste ?
Suis-je encore utile ?
Et surtout : que vais-je faire de ce temps désormais disponible ?
Je n’ai pas le sentiment d’entrer dans une fin.
Mais j’entre dans un dernier grand chapitre.
Et j’ai besoin de le commencer lucidement.
Faire le bilan. Se projeter.
Certains choisissent un cabinet feutré pour réfléchir.
D’autres cherchent des réponses dans la prière.
Pour ma part, je vais marcher.
Depuis toujours, les grandes décisions de ma vie ont été prises en marchant.
La marche m’oblige à ralentir.
Elle clarifie.
Elle met de l’ordre.
Alors j’ai décidé de m’offrir du temps. Beaucoup de temps.
Environ 2 500 kilomètres.
Pourquoi le chemin de Compostelle ?
Parce que ce défi m’habite depuis longtemps.
Marcher vers Saint-Jacques-de-Compostelle, ce n’est pas seulement suivre un itinéraire.
C’est accepter une parenthèse.
Sur le Chemin :
- Le corps avance,
- Les pensées se déposent,
- L’essentiel refait surface.
La routine disparaît.
Les obligations s’effacent.
Il ne reste que des gestes simples :
se lever, marcher, manger, dormir.
Dans un monde qui accélère sans cesse, retrouver ce rythme élémentaire est un privilège.
Un défi physique et mental
Je partirai pour plus de trois mois, en grande partie en bivouac.
Chaque matin, il faudra remettre les chaussures.
Avancer, même sous la pluie.
Gérer la fatigue.
Accepter l’inconfort.
La marche longue distance est une école de constance.
Elle tonifie le corps, améliore le souffle, favorise le sommeil, réduit le stress.
Mais elle agit aussi sur le mental :
elle apprend la patience, l’humilité, la discipline.
On ne “gagne” pas Compostelle.
On y progresse pas à pas.
Une immersion totale
Le Chemin, c’est aussi :
- Un patrimoine remarquable, de la petite chapelle isolée à la cathédrale monumentale,
- Une nature omniprésente,
- Des rencontres imprévues,
- L’entraide simple entre pèlerins,
- Et — il faut le reconnaître — le plaisir des spécialités locales qui font partie intégrante de l’expérience.
Je marcherai seul.
Mais on est rarement seul sur le Chemin, sauf si on le décide.
Ce que je cherche
Je ne sais pas si je reviendrai différent.
J’espère revenir plus clair.
Plus simple.
Peut-être un peu plus sage — il serait temps.
Me recentrer sur l’essentiel :
ma compagne, mes enfants, ma famille, mes amis.
Et préparer ce nouveau chapitre de vie avec lucidité.
Et après ?
Ce départ est aussi le point de départ d’un projet plus large :
partager les bienfaits de la marche et encourager chacun à reprendre le chemin, à son rythme.
Si vous le souhaitez, vous pourrez suivre cette aventure dans le Journal du Chemin que je rédigerai au fil des étapes.
Rendez-vous le 1er mai.
Premier pas.
